Publié le 04 novembre 2022

Du 6 novembre au 17 décembre 2022, la Michèle Schoonjans Gallery a le plaisir d’annoncer la première exposition personnelle dédiée au travail du jeune artiste belge Laurent Dumortier (b.1989, Namur), “Whisper of the Windows”.

Michèle Schoonjans, Alumni de l'ICHEC sortie en 1987, est ainsi heureuse de vous présenter l'univers fantastique de ce jeune artiste qui travaille dans l'oxymore.

 

Le titre aurait donc pu être aussi : une claire obscurité, une obscure luminosité, une présence de l’absence, une fiction du réel, un réalisme onirique, des fantasmes vrais… Toutes ces dualités ne recouvrant qu’une part de la démarche complexe de l’artiste qui nous met sous les yeux des évidences que nous aurions crues invisibles.

Vernissage public le dimanche 6 novembre 2022 de 14h à 18h !


Le Rivoli Brussels regroupe au même endroit un étonnant assortiment de galeries d'art
La Michèle Schoonjans Gallery est ouverte du jeudi au samedi de 11h à 18h et sur rendez-vous.


Les galeries du Rivoli seront également ouverte le Vendredi 11.11.2022 • 14h-18h
Rivoli Open Sunday : Dimanche 04.12.2022 • 14h-18h

 

Le murmure des fenêtres ou L’obscure clarté d’un voyeur dévoilé

Laurent Dumortier pose des indices. Chaque dessin exposé a pour sujet une fenêtre. Empruntée à n’importe quel bâtiment, habité ou non. Elle est concrétisée par une vitre suggérée, filtre invisible entre notre regard et ce qui est regardé. Certes, nous y parvenons car, naturellement, une vitre est transparente. Cependant, il arrive que surgissent des éléments susceptibles de freiner notre accès direct à l’image proposée (buée, poussières, saletés, fêlure, traces, reflets…). Le dessin n’est par conséquent  pas accessible immédiatement. D’autant que, une vitre bien réelle, mise par l’encadreur pour protéger l’œuvre, est déjà là pour rappeler avant même d’être examinée, qu’il  s’agit de vie non réelle.

Chez Laurent Dumortier, la confrontation du clair et du sombre amène le mystère à n’être jamais loin et le trouble équivoque du voyeur à gagner le spectateur. Et si ses œuvres paraissent narratives, les histoires qu’elles racontent restent à inventer par celui qui contemple. En premier lieu parce que ses dessins sont remplis de la présence d’absents. Même lorsqu’il n’y a personne en dehors de quelques objets plus ou moins déformés. Ensuite parce que, lorsque des présences sont évoquées, voire invoquées, ce sont soit des évanescences, soit des fragments corporels qu’on croirait échappés du monde fantasmé de Francis Bacon. Et là, soudain, l’expérimentateur féru du noir et blanc se révèle riche coloriste avec discrétion.

Cet univers domestique est proche du nôtre. À ceci près que ce n’est pas un lieu qui est transmis par le dessin. C’est la saisie d’un moment de ce lieu, une vision temporelle qui, comme lors de l’usage du carbone 14 cherchant à dater un objet archéologique, conduit le dessinateur à fixer un événement du passé. L’ambigüité entre réel ou rêvé s’y traduit par le flou, l’évocation et non la vision. D’où une extraordinaire ouverture vers le fabuleux.

"Extrait du texte de Michele Voiturier (Critique d’Art)"